Giacobbe Giusti, ‘Jules César’

Giacobbe Giusti, ‘Jules César’

 

 

 

César et les secrets du Rhône

Jusqu’au 24 mars 2013, aux archives départementales Gaston Deferre à Marseille le riche passé de l’Arles romaine est mis en lumière. Outre le désormais célèbre buste en marbre de l’empereur Jules César, des objets rarissimes sont ainsi rassemblés.

Plusieurs conférences viendront animer l’exposition et des visites commentées gratuites sont proposées aux adultes et aux plus jeunes. Plus d’informations et réservations ici.

 

Controverse

Le portrait controversé.

Le portrait de Jules César est un buste en marbre grandeur nature montrant un homme vieillissant. Il a été sorti du Rhône à l’automne 2007, par une équipe de la recherche archéologique subaquatique[9]. C’est au cours de cette même campagne que les plongeurs ont dégagé un Marsyas de style hellénistique et une sculpture en marbre grandeur nature de Neptune[10].

Cette découverte a fait la une de nombreux grands médias[11],[12]. Le réalisme du portrait le place dans la tradition de la sculpture de la fin de la République romaine. Luc Long, directeur de l’équipe qui a fouillé le Rhône, a suggéré qu’il s’agissait d’un portrait de Jules César et qu’il devrait être daté d’environ 46 avant notre ère. Ce qui a permis à Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, d’expliquer que c’était la plus ancienne représentation connue de César[13].

Luc Long a suggéré que ce buste a été discrètement éliminé après l’assassinat de César en 44 avant notre ère, quand la possession de ses portraits était devenu politiquement suspecte (courte période de damnatio memoriae, le buste du condamné post mortem pouvant servir de remblai[14]). « Je soupçonne le buste d’avoir été jeté dans le fleuve après qu’il eut été assassiné parce qu’il n’aurait pas été bon à l’époque pour être considéré comme l’un de ses partisans », a-t-il déclaré au moment de la révélation de la découverte[15].

Denier de César émis en -44 (réf. Cohen22).
Vénus debout tient une Victoire.

Ce qui n’a pas empêché quelques personnalités de la presse et de l’archéologie de faire des objections. Mary Beard (en), spécialiste de commentaires polémistes dans The Times Literary Supplement, a déclaré qu’il n’y avait aucune raison d’identifier ce buste comme étant celui de César, en accusant au passage les inventeurs d’avoir organisé un coup de publicité[16].Ce buste aurait pu montrer le portrait de n’importe qui.

Puis ce fut le tour de Paul Zanker (de), directeur de l’Institut archéologique allemand de Rome[17], qui notait le manque de ressemblance avec les pièces émises au cours des dernières années de la vie du dictateur, et avec le buste Tusculum de César. Ce qui lui a permis de dater celui d’Arles de l’époque augustéenne[18].

Quant à Nathan T. Elkins, du Department of Art de l’Université Baylor[19], il émet des doutes dans un forum sur internet consacré à la numismatique et à l’archéologie, et propose le IIIe siècle comme date probable de l’immersion des statues dans le Rhône, indiquant même que ce buste d’origine hellénistique ne serait qu’une copie romaine[20].

Enfin Yann Le Bohec fait remarquer que les portraits de César sur les monnaies sont différents avec un homme au front fuyant, un nez busqué, de petites lèvres ourlées, un front très marqué et la pomme d’Adam proéminente[21].

Quid de César ?

Quid de César ?

Michel L’Hour, chef du département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM), quand il déclarait, en 2008, « À l’unanimité, les chercheurs ont confirmé l’authenticité du portrait », ne pouvait se douter que celui-ci allait provoquer la constitution d’un « clan des anti-César ». Même réduite, cette contestation a fait prendre aux scientifiques des positions très fermes pour défendre l’identification première[22].

Christian Goudineau, professeur au Collège de France, confirme : « Pour moi, qui ai passé des années avec César, il n’y a aucun doute. J’ai été l’un des premiers à voir ce buste. Et quand je l’ai vu, je n’ai pas hésité. Je n’imaginais d’ailleurs pas que l’on puisse remettre en cause son authenticité. Par la suite, il y a effectivement eu une ou deux critiques. Mais elles émanaient de personnes qui n’avaient eu accès qu’à des photos. Ce qui a pu les gêner, c’est qu’il ne s’agit pas d’une représentation traditionnelle de César. Car la plupart des portraits connus jusque là ont été réalisés au milieu du siècle d’Auguste, 30 ou 40 ans après sa disparition. Des portraits idéalisés qui ont en quelque sorte lifté l’homme d’État romain »[23].

Luc Long, responsable de l’équipe du DRASSM qui a travaillé dans le Rhône, explique : « Aujourd’hui, il y a un certain consensus autour de cette interprétation. Le portrait d’Arles ressemble à celui de Tusculum[24],[25] par le profil. Ce que nous avons pu vérifier par une reconstitution en 3D. J’ai par ailleurs travaillé avec des médecins légistes de l’hôpital de la Timone à Marseille. Leurs observations ont permis de trouver des marqueurs communs entre la physionomie du buste d’Arles et celle du portrait italien, notamment des déformations osseuses peu accessibles au grand public ou une fossette supra-thyroïdienne. Un signe comme celui-ci, on n’en rencontre que chez une personne sur 15 000 à 25 000 »[26].

Claude Sintes, directeur du Musée de l’Arles antique, n’hésite pas à critiquer la position de l’archéologue allemand : « J’ai du mal à comprendre l’attitude d’un éminent scientifique comme l’Allemand Paul Zanker. Il a émis un jugement à partir de mauvaises photos vues sur internet et a fait paraître son article quelques jours après que la nouvelle de la découverte eut été rendue publique. C’est un peu gênant. Il évoque un visage du temps de César, celui d’un homme qui voulait ressembler au dictateur. Un peu comme au XIXe quand on portait la moustache pour ressembler à Napoléon III. De plus, Paul Zanker évoque le buste d’un notable. Mais il faut savoir qu’à l’époque du dictateur, Arles était une petite ville et n’avait pas de familles encore très puissantes »[27].

Jean-Paul Demoule, ancien président de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), tente de comprendre pourquoi une telle pièce a ce succès médiatique et procure un tel engouement populaire : « On assiste à un vrai phénomène de société. Pour moi, avec ce marbre, c’est l’inconscient collectif et le mythe national qui ressurgissent des eaux et des boues du Rhône pollué. Cela revient à dire qu’avec la statue, on a trouvé une œuvre d’art, le buste d’un homme mythique dont le nom a traversé les siècles. César, celui qui a fait basculer la France de la Préhistoire dans l’Histoire… Avec César, c’est le mythe national qui ressurgit : celui de Vercingétorix, de Clovis et de Napoléon. Le buste serait un portrait de l’homme d’État réalisé de son vivant. Celui qui regarde le marbre a donc l’impression de l’avoir en face de lui. Cela a un aspect assez fascinant »[28]

 

Arles bust

Marble bust found in the Rhone River near Arles

The Arles bust is a life-sized marble bust showing a man with nasolabial creases and hollows in his face. It was discovered in September–October 2007 in the Rhone River near Arles, southern France, by divers from the French Department of Subaquatic Archaeological Research.[1] During the same campaign, divers also recovered smaller statues of Marsyas in Hellenistic style and a life-size marble sculpture of Neptune dating, from its style, to the 3rd century CE.

It has been debated that it is a possible portrait of Julius Caesar.[2]

Analysis

The uncompromising realism of the portrait places it in the tradition of late Republican Roman portrait and genre sculptures of the 1st century BCE. The archaeologists suggested that this was a portrait of Julius Caesar and that it should be given a date of about 46 BCE, making it, according to France’s Minister of Culture Christine Albanel, the oldest known representation of Caesar.[3] They further suggested that the bust was discreetly disposed of after Caesar’s assassination in 44 BCE, when portraits of him could have been politically dangerous possessions.[4]

The story was carried by many major media outlets.[5][6] However, classicist Mary Beard objected that there was no basis whatsoever for identifying it as Caesar, and accused the discoverers of staging a publicity stunt.[7] Other historians were also quick to dispute the identification, among them Paul Zanker, an archaeologist and expert on Caesar and Augustus.[8] Many noted the lack of resemblances to Caesar’s likenesses issued on coins during the last years of the dictator’s life, and to the “Tusculum bust” of Caesar,[9] which is accepted as a depiction of Julius Caesar from his lifetime, based on its similarity to the coin portraits.

After a further stylistic assessment Zanker dated the Arles bust to the Augustan period. Elkins pointed out the 3rd century CE as the outside terminus post quem for the deposition of the statues, thereby disputing the claim that the bust was thrown away due to feared repercussions from Caesar’s assassination in 44 BCE.

Controversy about the identity of the bust is ongoing among French archeologists.[10]

Depictions

 

http://cmcasmarseille.fr/?p=27876

http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9sar,_le_Rh%C3%B4ne_pour_m%C3%A9moire

http://www.giacobbegiusti.com

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